L'Argent : l'ascension

Après avoir amassé une fortune dans le roman La Curée, deuxième volume de l'immense fresque des Rougon-Macquart d'Emile Zola, Aristide Saccard, frère de Eugène Rougon devenu ministre dans le roman précité, reviendra comme le personnage central du dix-huitième tome de la série, L'argent paru en 1891. Nous y suivrons les évolutions de la bourse ainsi que les manoeuvres financières de l'époque et des scandales auxquelles elles sont rattachées. Après avoir joué de malchance dans diverses spéculations financières, Aristide Saccard se retrouve dans une situation frôlant la précarité. Souhaitant repartir de zéro, il revend sa demeure splendide sise Parc Monceau et s'installe dans un hôtel où il loue deux étages. Suite à une brouille avec son frère Eugène, il crée la Banque Universelle et commence à s'intéresser aux marchés financiers du Moyen-Orient. Il veut se faire aider dans cette entreprise par la princesse d'Orviedo qui refuse. Il s'intéresse alors de très près à son voisin, un jeune ingénieur du nom de Jacques Hamelin et à Caroline, la soeur de celui-ci. Il va courir le petit épargnant en lui promettant des gains rapides et conséquent. Il envoie Hamelin sur place, à Constantinople, pour traiter directement les affaires pendant que lui-même s'acoquine avec quelques riches influents qui n'hésitent pas à commettre quelques interdits et autres opérations frauduleuses.

L'Argent : la chute

L'ascension d'Aristide Saccard dans l'échelle de la société semble sans limite. Même la soeur de Hamelin, Caroline finit par succomber à son charme carnassier. Elle protégera aussi son honneur en découvrant que Saccard a un enfant illégitime du nom de Victor. Tout n'est bien sur pas rose et Aristide connait aussi son revers de médaille. Sa réputation lui a valu de se faire quelques ennemis dans la profession, notamment ce banquier juif et principal rival : Gundermann. Ses opérations financières sont aussi compromises car Saccard achète et achète encore ses propres titres afin de faire monter l'action. Cette base financière très fragile s'écroule quand Gundermann, épaulé par de solides amis va revendre et faire revendre le titre de la Banque Universelle, faisant ainsi chuter le cours. Saccard tentera maladroitement de redresser la situation en jetant dans ses affaires le peu d'argent qui lui reste mais l'action s'effondre, inexorablement, emportant avec elle les économies des petits épargnants qui lui avaient fait confiance. Accusé d'escroquerie, il passera en correctionnelle où il écopera de cinq ans de prison. Son frère Eugène jouera de sa position pour transformer cette peine en exil et Aristide Saccard quittera la France pour les Pays-Bas.
Roman d'argent, de traitrise et d'intrigues financières, L'argent est passionnant de bout en bout. L'ascension et le déclin d'Aristide Saccard sont brillamment éclairés d'une flamme de salon tendu de velours rouge et or.

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