La Conquête de Plassans : retour aux sources

Toute acquise à Napoléon III dans le passé, grâce aux intrigues politiques de la famille Rougon, Plassans est maintenant sous le contrôle des légitimistes. Prêtre Bonapartiste, l'abbé Faujas, sera envoyé de Besançon accompagné de sa mère, pour tenter de renverser la tendance et de faire revenir la ville dans le giron de celui qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Il sera hébergé dans un premier temps par la famille Mouret. Il y a là François Mouret, quarante-cinq ans (fils d'Ursule Macquart) retraité commerçant entouré de sa femme Marthe Rougon et de ses enfants, Octave, Serge et Désirée. François Mouret était un grand négociant et représentant en vin de Marseille. Cette petite famille coule des jours heureux et calmes dans la petite ville de Plassans. La mission de l'abbé est claire : reconquérir Plassans. Cela se fera au prix de la destruction de la famille Mouret. Il prend possession tout d'abord de l'esprit de Marthe Rougon en s'adressant à la partie "ultra dévote" de cette femme. Il lui suggérera la création d'un établissement d'aide aux jeunes femmes éloignées de la foi, baptisé "L'œuvre de la vierge". Marthe basculera dans l'intégrisme religieux et jusqu'au boutiste, dans la folie, faisant resurgir l'héritage de la tare familiale. François Mouret est écarté de ce projet dès le départ.

La Conquête de Plassans : embrasement et folie

Il se contentera de regarder pousser ses légumes et ses arbres fruitiers dans une quiétude qui n'est qu'apparente. N'ayant plus voix au chapitre dans sa propre demeure, François se réfugiera dans un mutisme inquiétant, cloîtré dans son bureau la plupart du temps. Il finit par être interné à l'asile contre son gré, dans l'établissement des "Tulettes" où se trouve déjà sa grand-mère, Adélaïde Fouque. Rendu fou par cette retraite forcée, il s'évadera suite à une visite de son oncle Antoine Macquart et de sa femme Marthe qui laissent volontairement la porte de sa chambre ouverte. Il retournera chez lui où il trouvera son jardin ravagé et détruit. Sa raison vacille de nouveau et il met le feu à sa maison. Il périra brûlé ainsi que l'abbé Faujas et sa mère. Sa femme, Marthe, décédera le même soir des suites de la phtisie dont elle souffrait depuis de nombreuses années. Le roman aborde très largement le thème de la folie, tare que se redistribue la famille au cours des générations. On y voit aussi et surtout un clergé complice du pouvoir, incarné par l'abbé Faujas, prêt à tout pour arriver à ses fins, y compris exploiter la naïveté des fidèles, en particulier des femmes. L'église, derrière le paravent de la foi, servait d'autres ambitions plus politiques. Ce livre, de feu et de flammes, offrait une vision grinçante de la politique et de la religion en ce milieu de 19 ème siècle. L'auteur fera une pause avec le roman suivant, La Faute de l'Abbé Mouret, livre statique et intérieur donnant la vision d'un paradis artificiel qui retombera vite dans le réel.

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