Pot-Bouille : fenêtre sur cour

Pot-bouille désignait la cuisine du peuple, ce qu'on appellerait aujourd'hui sûrement, La tambouille ou La popote, en tout cas une cuisine de médiocre qualité à l'image de ces familles qui vivent dans ce grand immeuble petit-bourgeois parisien. Le roman ne suit pas la logique et l'existence d'un seul personnage mais visite les occupants de l'endroit en chroniquant leur quotidien. Octave Mouret est hébergé chez les Campardon, résidents de cet immeuble de six étages sis rue de Choiseul à Paris. Il a déjà quelque argent à placer et Campardon lui trouve un emploi dans un petit magasin Au Bonheur des Dames. Il cherche aussi à prendre femme, par exemple, l'excitée et parfois hystérique Valérie Vabre, l'épouse du fils du propriétaire. Ultra catholique, Valérie se rend souvent à l'église et affiche la plupart du temps un comportement bizarre. Octave opte plutôt pour Marie Pichon qui s'ennuie avec un mari trop absent. Il lui prête des livres de George Sand et elle le remercie d'attentions....particulières. A l'intérieur de l'immeuble, les histoires d'adultères, complots et intrigues sont le lot quotidien des locataires. L'arrière-cour résonne des invectives des domestiques, fustigeant leurs employeurs en donnant force détails sur leurs vies bien souvent tumultueuses...

Pot-Bouille : un grand magasin

Il y a par exemple les époux Josserand, où Monsieur laisse traîner à la vue de ses filles, des almanachs douteux. Les filles sont coquettes et leur mère aussi, et même si elles se contentent de ravauder leurs anciens effets, tout ceci coûte de l'argent et Mr Josserand n'a d'autre choix que de travailler le soir tard pour subvenir à ces besoins. Il y a aussi le couple Duverier. Monsieur est conseillé à la cour d'appel et entretient une relation extraconjugale avec Clarisse, une courtisane qui ne s'intéresse qu'à l'argent du bourgeois et qui finit d'ailleurs pas le laisser choir... Le brave homme pense alors à se supprimer mais il se rate.... Qu'importe, il se rabattra sur une proie plus facile à maîtriser en la personne d'Adèle, la bonne des Josserand. Elle tombera enceinte et accouchera seule dans sa chambre misérable pour prendre son service quelques heures plus tard, après avoir abandonné le fruit de ses ébats avec Mr Duverier. Mais aussi il y a surtout Mme Hédouin. Caroline de son prénom, solide, travailleuse et courageuse, elle dirige le magasin Au Bonheur des Dames où est employé Octave. Son mari, Mr Hédouin est décédé ainsi que Mr Deleuze, feu son père, et le frère de Caroline est agonisant. Elle se rend compte que la boutique a besoin d'un homme pour mener ses affaires. Elle détecte en Octave des qualités d'innovation et lui propose le mariage, de raison plus que de sentiments. Ce roman est le prélude à Au Bonheur des Dames où nous suivrons l'existence d'Octave Mouret de manière plus rapprochée. Son union avec Mme Hédouin permet à Octave d'accéder à la matière nécessaire pour réussir son projet: faire de Au Bonheur des Dames le magasin incontournable de Paris.

Après Pot-Bouille, découvrez la suite de la saga avec Au Bonheur des Dames