Son excellence eugène rougon : Mr le Ministre

Dans ce sixième tome, Zola s'éloigne de Plassans pour revenir à Paris. Eugène Rougon est ambitieux. Député des Deux-Sèvres il aidera Napoléon III dans son coup d'état puis entrera au Sénat. Il deviendra par la suite président du conseil d'état en 1856. Il atteindra le sommet de sa carrière politique en devenant ministre de l'intérieur. Bien ancré dans cette position, il n'hésitera pas à faire emprisonner ses adversaires politiques à l'aide de complots et de machinations diverses. Les femmes restent éloignées de ces préoccupations. Seul compte pour lui la puissance et le pouvoir, trait de caractère de la branche de la famille Rougon. Cette ascension ne pourra être suivie que d'une régression. Il perdra son ministère et ses anciens ennemis se réjouiront de sa défaite. Il reviendra en 1861 en tant que ministre sans portefeuille particulier, retournant sa veste en passant de la lutte pour un empire autoritaire à quelque chose de plus libéral. Une seule femme sera capable de lui faire tourner la tête : Clorinde Balbi. Elle éveillera en lui autre chose que la soif de pouvoir... Se rendant compte que cette femme intelligente risque de contrecarrer ses projets politiques ambitieux, il préfèrera s'en éloigner, et la pousse même dans les bras d'un homme : Delestang. Cette intrigante ne lui pardonnera pas cette "mise au rancart" et ourdira contre lui auprès de Napoléon III, faisant vaciller le ministre de son pouvoir. Elle usera de son influence auprès de Napoléon III pour faire nommer son mari à la place de Rougon.

Son excellence eugène rougon : déstabilisation

Ce roman peu connu est une exploration des arcanes politiques et des luttes de pouvoir sous le Second Empire. La vision de l'auteur est sans complaisance et s'attache à démonter un à un les mécanismes de l'exercice du pouvoir. Elections douteuses, l'argent dans la politique, manipulation de la presse... Eugène Rougon naviguera entre deux eaux avant de tomber par ce qu'il l'effraie le plus : les femmes. C'est aussi un livre sur l'ambition qui ne connait pour chaque protagoniste, aucun frein, aucune limite. Voici d'ailleurs ce qu'en dit Emile Zola :
Etudier l'ambition dans un homme. L'amour du pouvoir pour le pouvoir lui-même, pour la domination. Eugène Rougon idolâtre son intelligence, aime son effort. Ce qu'il cherche, dans le pouvoir, c'est la joie d'être supérieur, le bonheur de se sentir plus fort, plus intelligent que les autres. L'intelligence a tout mangé chez lui, tous les autres appétits ; il n'est ni voluptueux, ni gourmand, ni intéressé. Une masse de chair un peu inerte, dans laquelle s'est logé un esprit adroit, souple, fort, persévérant, supérieur. J'ai alors un type très beau, j'étudie le drame pur d'une intelligence. Quant au côté moral, il est subordonné au côté intellectuel. Un esprit ne croyant qu'à lui-même, aucune croyance au-delà, aucun souci de ce qui n'est pas lui, au fond, l'idée que tous les hommes sont des imbéciles ou des coquins, en pratique la conduite des hommes assimilée à celle d'un troupeau. Il se sert des autres (...).

Après Son Excellence Eugène Rougon, découvrez la suite de la saga avec L'Assommoir